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  • Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

  • Madame et messieurs les Présidents des Institutions de la République,

  • Mesdames et messieurs les Ministres,

  • Madame la Doyenne du Corps Diplomatique,

  • Mesdames et messieurs les membres de la Haute Cour de Justice,

  • Mesdames, Messieurs,

En prenant acte du serment que viennent de prêter les nouveaux membres de la Haute Cour de Justice, je veux réitérer ici l’exigence de nos concitoyens d’une justice égale pour tous.

Certes, l’article 136 de notre Loi fondamentale instaure au profit du Président de la République et des membres du Gouvernement, un privilège de juridiction en instituant la Haute Cour de Justice, seule habilitée à connaître des faits qualifiés de haute trahison, des infractions qu’ils commettent dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions.

Mais cela n’est pas en soi incompatible avec l’égalité de tous devant la loi.

En effet, tout observateur objectif de notre vie politique récente conviendra que c’est avant tout, le jeu des petits arrangements et des grandes compromissions, favorisé par un système partisan peu fiable, qui a perverti les privilèges de juridiction et fait d’eux le paravent de l’impunité.

Les lacunes textuelles aidant, la Haute Cour de Justice a ainsi été reléguée au rang de simple épouvantail.

Ce constat de bon sens, largement partagé, m’avait amené dans mon projet de société, à envisager sa suppression ou, en tout cas, sa refonte complète.

Malheureusement, la générosité du projet de réforme institutionnelle porté en son temps par mon Gouvernement et moi-même, n’avait pas été perçue à sa juste valeur.

Ma détermination à donner un autre visage à notre pays et à ses institutions n’en a pas été pour autant émoussée.

Elle se décline actuellement en réformes structurelles d’envergure destinées à garantir à tous nos concitoyens, d’égales chances de succès et de reddition de compte.

Notre marche, que je crois irréversible vers un développement équitable, réclame de nous tous davantage de sacrifices afin de briser définitivement les entraves qui ont pour noms : concussion, corruption, abus de fonction, etc.

C’est pourquoi, je n’ai de cesse d’en appeler à la rigueur dans l’action publique.

Cette rigueur doit logiquement inspirer, animer et orienter la Haute Cour de Justice.

Madame la Présidente de la Haute Cour de Justice,

Mesdames et messieurs les Membres de la Haute Cour de Justice,

Depuis un quart de siècle, l’impuissance de la Haute Cour de Justice n’a pas souvent permis d’engranger de grands succès en matière de lutte contre l’impunité.

De sorte que, malgré les victoires remportées ces trois dernières années sur ce front, grâce notamment à la volonté du Gouvernement, les défis à relever en la matière restent essentiels.

En effet, le peuple béninois assoiffé de justice attend toujours plus de chacun de nous.

Il veut à juste titre être rassuré que la loi est la même pour tous et que nul n’est absout de ces fautes par le seul fait de sa position politique.

Le Peuple béninois veut se convaincre que la réforme du système partisan a mis à bas la « République des arrangements entre coquins ».

Ces aspirations du Peuple nous obligent.

Je vous engage à en tenir grand compte.

Pour ma part, je forme le vœu que la Haute Cour de Justice dont vous avez aujourd’hui la charge, assume dorénavant pleinement son rôle de gendarme du Gouvernement.

J’ai bien conscience que la mission est difficile, notamment à cause d’un cadre institutionnel qui fait dépendre le sort des poursuites de considérations politiques, et donc potentiellement politiciennes plutôt que juridiques.

Je voudrais ici vous assurer de tout le concours dont vous aurez besoin de ma part et je m’y tiendrai.

C’est sur cette assurance que je vous renvoie à l’exercice de vos fonctions.

Vive la Haute Cour de Justice !

Vive le Bénin !

Je vous remercie.

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